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  • Sophia Berrada

L'Anomalie, d'Hervé Le Tellier

Le roman s’ouvre sur une galerie de portraits.


Blake est tueur à gages, mais ça ne l’empêche pas d’être un bon mari, un bon père de famille et un bon patron d’une entreprise de livraison à domicile de plats cuisinés végétariens.


Victor Miesel, est un auteur trop peu reconnu, et un traducteur à la chaîne de vieux grimoires ou de daubes qui ont rencontré le succès.


Lucie, est mère célibataire, et cheffe monteuse dans le cinéma. André, qui est amoureux d’elle, l’est de façon unilatérale.


Joanna, avocate redoutable, est contrainte d’accepter des contrats à l’éthique discutable pour payer les médicaments de sa sœur atteinte d’une maladie rarissime.


Sophia est une enfant à jamais abîmée, et Slimboy une pop star nigériane lasse de devoir cacher son identité.


Tous ont en commun d’avoir pris l’avion, un Boeing AirFrance 006, entre Paris et New-York le 10 mars 2021. Un vol épouvantable. Les turbulences rencontrées (un cumulonimbus monstrueux, dix secondes interminables de chute libre, une tempête de grêlons, des nuages tourbillonnants) ont bien fait croire à tous, pilote et co-pilote compris, qu’ils allaient y laisser leur peau.


En juin 2021, le FBI (ou équivalent national) frappe à la porte de chacun de ces personnages.


Au même moment, le téléphone d’Adrian vibre dans sa poche. Le smartphone blindé anthracite, celui qui ne devait sonner qu’en cas de déclenchement du protocole 42. Mais qui dit événement insensé, dit application du protocole que le mathématicien avait inventé en pensant ne jamais y être confronté.



Quel roman, bon sang de bonsoir. M’en voilà toute ébouriffée. Ne voulant trop en divulgâcher, il me sera difficile d’en faire une chronique très fournie, mais il me tenait à cœur de le partager ici.


C’est une histoire haletante, ahurissante, et drôlement singulière. Drôlement, parce que l’écriture est d’une drôlerie géniale. Elle est aussi, tour à tour, émouvante, ironique, technique (attention, je n’ai pas dit barbante !), épique, tragique et fantastique. Précise, dans chacun de ces registres.


Chaque personnage vous emporte dans son histoire, en vous dévoilant ses failles et ses lumières. La construction baroque du récit, successivement galerie de portraits, journal de bord, transcription d’entretiens, dévoile des indices de façon sporadique, et vous tient en haleine de bout en bout.


L’arrivée de personnes connues de tous (les présidents Macron, Jinping, Trump - qui n’est pas cité mais que l’on reconnaît sans difficulté, un animateur de Late Show américain) dans cette situation inédite est toute aussi délectable.


Je m’ajoute donc officiellement à la (longue) liste des personnes farouchement conquises par L’Anomalie d’Hervé Le Tellier, et ne peut que vous conseiller de cliquer, puis de le collecter dans la librairie la plus proche de chez vous.


Confinement, et déménagement interrompu obligent, ce roman se meut d’étagère en étagère. Actuellement, il repose sur ma bibliothèque, et n’avoisine aucun roman en particulier. Pas très loin, il y a Idaho, d’Emily Ruskovich, subrepticement chipé dans la bibliothèque maternelle (Maman, si tu me lis, je jure solennellement que c’est un emprunt).


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