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  • Sophia Berrada

La Vie Mensongère des Adultes, d'Elena Ferrante

Les parents de Giovanna sont dans la cuisine et la pensent dans sa chambre quand son père déclare sombrement « Elle est en train de prendre les traits de Vittoria ».


Manque de bol, Giovanna a tout entendu, et s’insurge intérieurement d’une comparaison si blessante. Vittoria, c’est la soeur de son père, avec qui il a coupé les ponts (rapport à son imprévisibilité, sa méchanceté, son vice, sa laideur et tout le tintouin).


Torturée par l’impression qu’elle est destinée à devenir une sorte de diable, Giovanna décide de rencontrer cette tante détestée et de s’en faire son propre avis. A ses côtés, elle va découvrir une autre façon d’être au monde, arpenter les quartiers pauvres de Naples, rencontrer des êtres plus spontanés, et surtout ouvrir les yeux sur ce que sont réellement les adultes (spoiler : pas que des modèles d’intégrité).


« Cette phrase fut prononcée à mi-voix, dans l’appartement que mes parents avaient acheté juste après leur mariage au Rione Alto, en haut de San Giacomo di Capri. Tout est resté figé - les lieux de Naples, la lumière bleutée d’un mois de février glacial, ces mots. En revanche, moi je n’ai fait que glisser, et je glisse aujourd’hui encore à l’intérieur de ces lignes qui veulent me donner une histoire, alors qu’en réalité je ne suis rien, rien qui soit vraiment à moi, rien qui ait vraiment commencé ou vraiment abouti : je ne suis qu’un écheveau emmêlé dont personne ne sait, pas même celle qui écrit en ce moment, s’il contient le juste fil d’un récit, ou si tout n’est que douleur confuse sans rédemption possible. » (Chapitre 1)


Elena Ferrante dépeint avec nuance les prises de conscience adolescentes sur le désir, la complexité des gens, leurs faiblesses, la superficialité de certaines choses et la profondeur d’autres. Dans ce roman, le décor napolitain fait rêver, les personnages sont fins et attachants et l’écriture très engageante fait qu’on ne le lâche pas d’une semelle.


Bonne nouvelle : il semblerait, d’après la dernière phrase du bouquin et quelques articles glanés sur l’internet, que ce soit le premier tome d’une saga.


La vie mensongère des adultes est posé sur mon étagère entre Mille femmes blanches de Jim Fergus (en 1874, pour favoriser l’intégration du peuple indien dans la nation américaine, mille femmes blanches seront troquées contre chevaux et bisons et devront s’adapter à la vie en tribu qui est pas facile facile) et Jours barbares de William Finnegan (autobiographie de ce journaliste reporter de guerre passionné de surf, narrant ses aventures, ses rencontres, ses amis, sa famille avec virevolte).



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