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  • Sophia Berrada

Trouve-moi, d'André Aciman

La suite du succès international « Call me by your name » (succès imputable en partie au film réalisé par Luca Guadagnino, dont le travail d’adaptation a été récompensé aux Oscars en 2018) est enfin parue !


Dans un train qui mène Samuel, le père d’Elio, à Rome où il doit donner une conférence et retrouver son fils, il fait la rencontre d’une femme, bien plus jeune que lui, hautement intrigante, dotée d’un chien et d’une humeur changeant à la vitesse de la lumière. Elle a un charme et un toupet qui réveillent en lui des émotions qu’il croyait appartenir définitivement au passé. Ce qui aurait pu être une rencontre anodine, une amusante anecdote de voyage, se découvre être le point de départ d’une révolution intérieure.


Elio est désormais pianiste concertiste à Paris. A l’entracte d’un concert auquel il assiste, dans la queue pour avoir du cidre chaud, il rencontre Michel. Il est plus âgé, mais l’attire follement. De leurs rapports respectifs à la musique naîtra une complicité, qui sera aussi l’occasion de répondre à une énigme laissée par le père de Michel.


Pour célébrer son départ d’une université new-yorkaise et son retour dans le New Hampshire, Oliver organise une fête et y convie les amis et connaissances rencontrées lors de cette année d’enseignement dans la Big Apple. Deux d’entre eux qu’il connait mal, se révèlent sérieusement intéressants et séduisants. Ils vont venir titiller d’anciens souvenirs et générer de nouvelles idées à Oliver.


Au terme de ce triptyque, un ultime chapitre viendra clore l’histoire avec poésie, mais je ne voudrais pas la divulgâcher ici.

Les attentes étaient gargantuesques ! Alors que je me rangeais parmi les admiratrices de Call me by your name, du livre comme du film, l’annonce de l’écriture d’une suite m’avait rendue à la fois folle de joie et dubitative. Les suites qui n’étaient pas prévues initialement peuvent facilement tomber dans la facilité et s’avérer décevantes.


C’est donc fébrile que j’ai posé mon regard sur les premiers mots du livre. Rapidement, j’en ai perdu le contrôle. L’écriture d’André Aciman, douce et fluviale, emporte et vous fait atterrir plusieurs dizaines de pages plus loin sans vous en apercevoir. Sa façon gracieuse de dépeindre les émotions, la naissance d’un désir nouveau, les mélancolies de la contemplation est efficace.


A mon sens, la construction inattendue du récit est en grande partie responsable de la réussite de Trouve-moi. La place importante laissée à l’histoire de Samuel, personnage complexe qu’on avait trop peu pu apprendre à connaître dans le premier tome, était réussie. Retrouver chaque protagoniste séparément, chaque fois après un bond dans le temps, a permis de ne pas tomber dans le cliché de retrouvailles caricaturales entre les deux héros.


Je note toutefois un petit bémol : n’ayant pas vu naître la complicité entre Michel et Elio, celle-ci m’a parue trop rapide, peut-être, pour être crédible. Dans ce chapitre-ci, c’est surtout les passages liés à l’enquête sur la partition de musique qui m’ont plu.


Trouve-moi n’est pas posé sur mon étagère, mais dans ma chambre, chez mes parents où je suis confinée, sur une table basse à laquelle je tiens beaucoup et que je dois à ma Tante Josette. Il se balade parmi les livres que j’aimerais lire dans les semaines à venir, citons Présent passé passé présent d’Eugène Ionesco, La Délivrance de James Dickey, et L’anomalie d’Hervé Le Tellier.

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